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#198 No i can’t.

Des idées, j’en ai. Vous parler de mon dernier achat, de ma nouvelle découverte, du dernier album écouté, du dernier film vu, je sais faire. J’essaye d’alimenter mon blog autant que possible, mais ces derniers temps, c’est compliqué.

Qui dit blog dit réseaux sociaux, qui dit blog dit curiosité. Alors je suis curieuse, je lis de plus en plus de blog, je lis de plus en plus les news, et surtout je regarde de plus en plus ce que le monde propose, dit, clame et revendique. J’ai déjà traité plusieurs fois de ce sujet, sans vraiment parvenir à décrire ce que je ressens finalement, et je vais tenter de le faire une bonne fois pour toute, espérant que ce post fera l’effet thérapeutique escompté, grâce à ces mots mis noir sur blanc, et à vos commentaires futurs qui je l’espère me redonneront la patate.

Je me lève de bonne humeur, bois mon café, une douche, des talons, quelques stations et un peu de marche à pieds, et me voici au travail devant mon écran, plein d’idées en tête. Et là j’allume Twitter, Facebook, WordPress, Hotmail, 20minutes, le Monde, le Figaro, Libération, Hellocoton. Et là je me prend en pleine face un melting pot décousu qui finit par me donner la gerbe. Le bébé de la copine qui a fait ses premiers pas en lettres capitales sur Facebook, le mascara dernière génération (qui va révolutionner une fois de plus mes cils) vanté par une énième blogueuse beauté, la nouvelle taxe désespérée sur la bière ou l’huile de palme, et les hashtags rascistes ou homophobes récupérés en masse sur twitter. Ce mélange devient chaque jour de plus en plus indigeste et surtout sans aucune logique.

Alors que notre monde s’effondre, on est face à l’incompétence de nos politiques de plus en plus flagrante chaque jour, à une pauvreté qui s’accélère à vitesse grand V mais aussi un vrai problème du vivre ensemble entre religions, couleurs de peau, ou sexualités diverses. En temps de crise, les tabous sont de moins en moins présents, il est aujourd’hui normal de crier partout sa haine des autres quelle qu’elle soit, sans être inquiété.

Alors vous allez me dire : fais le tri dans tes amis, tes médias, tes followers etc. Sauf que les hashtag, les statuts on les voit, on les subit, qu’on le veuille ou non. Pourtant vraiment imperméable à Justin Bieber, et bien je suis au courant de sa vie sans même avoir cherché à la connaître. On me l’envoie à la face sans prévenir. Si ça se limitait à Justin Bieber et Selena Gomez, ce serait supportable (et encore), sauf que c’est aussi toute l’horreur de l’Homme, tout ce qu’il peut avoir de plus moche et vil, que je subis également, et que nous subissons tous. Personne n’est à l’abri d’un statut facebook homophobe ou d’un hashtag lepeniste.

Pour résumer tout cela me touche profondément, me donne la nausée. J’en ai souvent le ventre noué, le coeur soulevé. Je me sens incroyablement seule et impuissante face à ce monde que plus personne ne maîtrise et qui dérive complètement. Et puis je repense à mon idée d’article sur un nouvel e-shop, ou alors critiquer le dernier album de Christina Aguilera… et je me dis à quoi bon.

Yes, we can ? No i can’t.

Ca fait du bien de l’avoir écrit, merci à vous de m’avoir lu.

Victoire.

15 Commentaires

  1. Ma parole tu es dans ma tête toi,je ressent la même chose en ce moment,c’est vrai qu’on est submergé d’infos brutes,chacun y va de sa pensée du jour et ça donne parfois de belles choses mais le plus souvent c’est connerie et racisme ou intolérance,quand je vois mon fil d’actu Facebook j’ai envie de me pendre alors j’y passe de moins en moins de temps,Twitter me paraît un peu moins beaufland,pareil pour les blogs,j’adore en lire mais c’est vrai qu’en ces temps de crise quand je vois toutes les Blogueuses pourries gâtées par les marques de soirées en soirées je me demande si elles voient le monde comme il est,je précise que j’aime les Blogueuses,que j’ai un bon niveau de vie et que je ne suis pas aigrie jalouse,mais peu être qu’un peu de futilité ne nous fait pas de mal,en tous cas ton post me prouve que je ne suis pas seule avec mes interrogations.

  2. Les mots me manquent pour te dire à quel point je suis (tristement) d’accord.
    Adeptes des réseaux sociaux, depuis les balbutiements de MSN, je suis révolté par l’usage qu’en font certaines personnes dépourvues d’un quelconque raisonnement, pire d’une quelconque éducation ; un manque de discernement complet du correct ou de l’incorrect, du bien et du mal ; d’une incapacité totale à penser aux conséquences de leurs propos, et je l’imagine bien volontiers dans leurs vies de tous les jours de leurs actes.
    Je me demande parfois si c’est moi qui ne suis pas en adéquation avec ces désormais (trop) nombreux utilisateurs, avec qui je croyais avoir la passion commune du partage, des nouvelles connaissances, du « keep in touch » , des réseaux sociaux.. Je me demande parfois si mon éducation n’a pas été trop surfaite dans le respect, la tolérance, l’écoute, le droit à la différence.. Je me demande parfois si l’ignorance est vraiment le meilleur des mépris, le même que ces gens utilisent lorsque tu leurs manifestes un avis contraire à leur comportement.
    Alors oui, lorsqu’on s’inscrit dans cette logique de partage, de réseaux sociaux on est confronté au meilleur de ceux que l’on ajoute, qu’on follow.. mais aussi au pire. Ce côté d’eux qui amène une déception parfois, ce petit pic, que l’on aurait pas voulu ressentir, ce statut, ce tweet qu’on aurait pas voulu lire. Mais aussi on découvre, on apprend, on rencontre.. Le partage, quelle belle invention.
    Je préfère donc arrêter de trop me demander, continuer d’avoir des coups de gueule quand j’en ai envie, de ne pas me laisser dicter mes opinions par la loi du nombre, de prendre à coeur ce qui me semble le plus important ne plus subir mais ignorer ce qui m’importe peu ou pas, rester moi avec tous ces défauts, et ne garder que le meilleur de mon utilisation, de mes partages, de mes rencontres..

    J’aime dire que ceux que je n’aiment pas le savent, ça sera d’autant plus vrai sur les réseaux sociaux aussi longtemps que l’envie m’en dira, ou pas.

    Loin de moi l’idée d’avoir voulu ramener les choses à moi, c’était juste une façon de donner quelques pistes de réflexion et d’idées pour t’enlever ce gris de l’âme ; et te sentir moins seule dans cette paradoxale nausée « sociale ».

    Les coup de blues 2.0 sont finalement juste le parfait reflet de ce qu’on connait quand on est pas derrière nos écrans, j’aime donc penser que dès demain ça ira mieux, devant un verre de champagne..

    xx

    • Parfois je me dis que je devrais te laisser mon blog, tu arrives souvent à mieux écrire le fond de mes pensées, souvent mises par écrit sous le coup de la colère ou du dégoût. Tout ça pour dire que je partage évidemment tout ce que tu écris dans ce long commentaire, et me retrouve dans tes reflexions, la question de l’éducation etc.
      Mais bien sûr, il suffit que j’éteigne twitter quelques heures, que je ne me connecte pas à 20 minutes et tout va beaucoup mieux, je me contente de mon bonheur égoïste. Mais va savoir pourquoi, on ne me changera pas, je me sens concernée par les autres, beaucoup trop.
      Faut pas me mettre au pouvoir, je serais une vraie dictatrice. Mort aux cons. 😉

      • Tu me vois flatté par cette réponse 😉 MERCI 🙂
        Bonheur égoïste, voilà il est là le truc, ce petit jardin secret, rien qu’à nous, notre bulle qui nous permet de prendre du recul sur les choses, et de relativiser pour mieux se ressourcer et ensuite retourner affronter les contrariétés quotidiennes,virtuelles..et les CONS! Serge Regianni dans une chanson que j’admire (écrite par Jean-Loup Dabadie), chante « C’est drôle, les cons ça repose », j’aspire à la sagesse de cette approche, mais pour l’instant, si tu arrives au pouvoir, je me porte candidat au poste de 1er ministre 😀

  3. Il est très intéressant ce post, je m’y suis retrouvée un peu. Finalement, c’est un peu comme si nous vivions en mode automatique et qu’un jour on se réveille, on sécrète une forme de petite rébellion personnelle, comme un trop-plein, d’où ta nausée. C’est d’autant plus flippant lorsqu’on a une mémoire sélective et qu’on se souvient de toute la merde plutôt que les choses importantes (enfin là je parle pour moi). Quelle est la solution ? En ce qui me concerne, quand ça m’arrive, je me terre et je me coupe du monde. Ca peut durer 1h, une journée, une semaine, ça dépend. Mais ça fait du bien.

  4. Caramomille

    C’est l’histoire d’une gentille fille bien élevée qui se rend compte qu’il y a aussi des putes et des dealers dans son quartier préféré…. Internet est souvent à l’image du réel.

    Perso, j’ai jeté ma TV en 2002, marre qu’on m’assène des débilités à longueur de soirée, de bouffer des horreurs au journal et tout ça sans aucun fond ou analyse. Aujourd’hui, je choisis donc ce que je regarde en parfaite connaissance de cause, je lis le journal quand je veux en savoir plus…
    IDEM pour internet. Connectée sans plus et surtout pas over-connectée, je choisis qui je suis ou non, qui je lis ou non avec pour règle « ne jamais subir » et surtout ne jamais en être esclave parce que ce qui compte finalement c’est ma vie dans le réel !

    Garde ta légèreté ma Victoire ! Internet n’est que l’outil du réel ! Unfollow, supprime des « amis », revois ton fils d’actualité,… ne garde que le meilleur du plus léger ou du plus intéressant !

    Keep on smiling baby 😉

  5. Tu dis les choses tellement justement! J’aimerais savoir écrire comme tu le fais!
    Et je comprend totalement ce que tu décris, ce que tu ressens.
    Je suis atterrée, par ce monde de média qui m’entoure, par cette sur exposition de tout et de rien.
    Oh, ça ne m’empêche pas de les utiliser, ces réseaux sociaux, de regarder la télé (poubelle ou non), mais avec plus de parcimonie et de recule qu’à mes débuts sur le net.

    Merci pour ce très bel article!

  6. Ah Victoire, je te kiffe! Je ne vais pas te redonner la patate, au contraire…
    Comme tu le sais, je pense exactement la même chose que toi.
    J’en peux plus, j’ai l’impression de faire une overdose sans avoir pris de drogue.
    Je suis effarée, saoulée, écoeurée et parfois je me sens paumée au milieu de toute cette absurdité. Et le pire, c’est que je ne pense pas qu’il existe de réelle solution.
    Découragée parfois…

    Des bises!

    M.

  7. Ton article est le pur reflet de ce que je me dis à peu près tous les jours… mais je ne pense pas que le problème vienne d’internet. Internet donne juste une visibilité permanente à des comportements qui existent depuis la nuit des temps et auxquels nous sommes confrontés toute la journée, bon gré mal gré (moi je trouve que le métro est le parfait parallèle « vie réelle » des hastags à vomir, la sono en plus)… On ne peut empêcher personne de se consumer sous l’intolérance signe d’une ignorance crasse. De la même manière que nous avons la liberté d’avoir des amis de toutes les religions, de toutes les couleurs, de toutes les tendances sexuelles… La seule chose, c’est de ne pas se laisser « corrompre » par la facile animosité de leurs propos. Le vrai danger ce n’est pas tant que les racistes/homophobes et autres s’expriment, c’est que nous le devenions nous-même petit à petit… Que nous nous fassions polluer par la haine ambiante que l’on croit complaisamment inhérente aux temps économiques/politiques &co difficiles.
    Mais de même que dans la vie, il existe des gens bien aussi sur la toile. Il suffit juste de les trouver. Comme dans la vie. Et quoi, s’arrêter de vivre pour cause d’intolérance ambiante ? Jamais de la vie, n’est-ce pas ? Je pense que pour ce qui est de bloguer, c’est pareil. Ce n’est pas parce que la toile pullule sous les messages intolérants que cela doit te priver de faire passer un message différent. Si tous les gens qui partagent tes valeurs désertent, dégoûtés, qui restera-t-il pour défendre les valeurs, avec au premier rang la tolérance, auxquelles nous tenons tant ?

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